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« Grandeur et misères d’un prince de Savoie au siècle des Lumières, Victor-Amédée de Carignan (1690-1741), par Jean-Fred WARLIN

mardi, 20 octobre 2026

Héritier présomptif du duché de Savoie, Victor-Amédée de Savoie-Carignan (1690-1741) aurait pu accéder au trône, mais la naissance tardive d’un héritier direct l’écarte du pouvoir. En 1718, il renonce à une existence privilégiée quitte sa femme et sa fille et gagne une France dont il connaît à peine la langue et où ses relations sont limitées. Il s’installe à la cour de Versailles où il mène une existence faite de dépenses, de plaisirs, de jeux, de chasses, de bals et de galanteries.

Longtemps réduit, sous la plume des mémorialistes de la Régence et du début du règne de Louis XV, à l’image peu flatteuse d’un grand seigneur dépensier, intrigant et criblé de dettes, le prince n’avait encore fait l’objet d’aucune biographie. L’intérêt de cette étude réside précisément dans cette relative obscurité : à travers son parcours se dessine le fonctionnement d’une aristocratie princière étrangère qui, intégrée à la cour de France, y obtient des charges prestigieuses,  (il fut notamment intendant des menus-plaisirs et directeur de l’Académie royale de Musique) noue des réseaux d’influence et participe aux intrigues politiques. Son mode de vie, ses goûts, ses relations familiales et ses aventures financières offrent ainsi un observatoire privilégié de la société de cour et des mœurs aristocratiques du XVIIIe siècle.

L’ouvrage est le fruit de cinq années de recherches intensives dans de nombreuses bibliothèques françaises et italiennes, ainsi que dans les archives (Archives Nationales, Archives diplomatiques, Service historique de la Défense, Archives de l’Opéra), à Paris comme à Turin. Aux récits de mémorialistes (Buvat, Luynes, Marais, Barbier et surtout le duc de Saint-Simon) répond l’examen minutieux des documents d’archives, permettant de confronter la légende noire du personnage à la réalité de ses biens, de ses dettes, de ses soutiens et de ses réseaux. Cette enquête fait ainsi revivre, au-delà de ce prince sans  grand fait d’armes, un homme représentatif de son milieu et de son époque, un grand mécène amateur d’art qui fit venir des artistes d’Italie et contribua à financer  des compositeurs comme Jean-Philippe Rameau.

Ancien chirurgien viscéral, fonctions exercées jusqu’à sa retraite, Jean-Fred Warlin est aussi historien spécialiste du XVIIIe siècle, docteur en histoire avec une thèse en histoire moderne soutenue en 2017  à l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV) sous la direction de Lucien Bély, intitulée : Représenter la France à la cour des tsarines : les deux ambassades du marquis de La Chétardie (1739-1744) – thèse publiée en 2021, après un premier ouvrage consacré à J.-P. Tercier, l’éminence grise de Louis XV (2014).

  • Catégorie : Conférence
  • Date : 20 octobre 2026 - 18h00 - 19h00
  • Lieu :Paris