Le XXe siècle a vu l’écroulement brutal de trois empires. La Première Guerre mondiale a été fatale au camp des vaincus, au rang desquels l’Empire austro-hongrois et l’Empire ottoman – déjà de plus en plus contestés depuis le siècle précédent par l’éveil des nationalismes ; les vainqueurs leur imposèrent un découpage des frontières répondant plus à leurs intérêts qu’à la prise en considération de revendications nationales parfois contradictoires. L’implosion de l’URSS, en 1989, s’est déroulée moins par la pression irrésistible de mouvements nationaux qu’en raison de la volonté des hiérarques communistes de se partager un empire ingérable : les frontières tracées par le pouvoir communiste, au caractère souvent artificiel, contenaient en germes de potentiels
contentieux. Ces opérations de dislocation ont constitué autant de bombes à retardement, dont certaines ont contribué au désordre international, voire aux guerres d’aujourd’hui. Comprendre les motivations des politiques qui ont démantelé les empires et envisager les autres scénarios qui auraient été possibles permettrait-il d’apaiser les conflits potentiels ou actifs? Des modifications dans le tracé des frontières actuelles sont-elles envisageables de façon réaliste ?
Telles sont les réflexions menées au cours du colloque organisé par la Société des Amis du musée de l’Armée et l’association des Amis des archives diplomatiques, en novembre dernier, dont cet ouvrage est le fruit. Un ouvrage au cœur de l’actualité : guerres balkaniques, agression russe contre l’Ukraine et la Géorgie, conflit du Haut-Karabakh, question palestinienne et guerre à Gaza ne plongent-ils pas leurs racines dans les « lignes dans le sable » tracées lors de l’implosion des Empires ?
Présentation de l’ouvrage par le Professeur Georges-Henri Soutou, de l’Institut, séance de dédicace par les directeurs de publication et auteurs, suivies d’un moment convivial.
