Colloque organisé par la Société d’Histoire Générale et d’histoire diplomatique et l’Association des amis des Archives diplomatiques, avec le concours de la Fondation Singer Polignac
Comité scientifique :
Georges-Henri Soutou (Institut), Serge Sur (Institut), Alain Dejammet (Ambassadeur de France), Nicole Gnesotto (Vice-Président de la Fondation Delors), Bertrand Besancenot (Senior Adviser Adit),
Comité d’organisation :
Stanislas de Laboulaye, Denis Bauchard, Frederic du Laurens, Véronique Bujon, Amiral Guillaud, Benoit d’Aboville, Jean Felix-Paganon, Isabelle Nathan, Patrick Henault.
Les thèmes
Le Moyen Orient, dont la stabilité et les crises pérennes continuent d’être au centre de la politique internationale, demeurera au cours des prochaines années une préoccupation centrale pour les Européens, même si en raison de leurs divisions, leur rôle est contesté.
Le colloque proposé conjointement par la Société d’Histoire Générale et d’Histoire Diplomatique et l’Association des Amis des Archives diplomatiques, réunira diplomates, experts universitaires et de centre de recherches, militaires et hommes d’affaires. Il organise avec le concours de la Fondation Singer Polignac le 6 mai 2026 une réflexion sur les recompositions en cours au Moyen Orient et leurs répercussions à terme.
En effet, le Moyen-Orient connait de profonds bouleversements suite, notamment, à la contribution d’Ankara à la chute du régime Assad, aux succès militaires israéliens remportés sur le Hamas et le Hezbollah et aux revers enregistrés par Téhéran ainsi que la volonté de la nouvelle administration Trump à Washington de reprendre l’initiative dans la région. Celle-ci cherche à compléter les accords d’Abraham et à revenir sur le concept, jusqu’ici endossé par la communauté internationale, d’une solution à deux États, Israël et l’État Palestinien. La reprise de contacts de Washington avec Téhéran, dont on ne sait pas encore si elle sous-entend le maintien d’une opposition américaine aux frappes israéliennes sur les installations nucléaires iraniennes et au non franchissement du seuil nucléaire par l’Iran, entre aussi dans le jeu complexe des rapports avec l’Arabie Saoudite. Ryad, pour sa part, conditionne son adhésion aux accords d’Abraham à une offre politique sur le sort des palestiniens à Gaza que la présente coalition au pouvoir à Tel Aviv n’est pas aujourd’hui en mesure d’initier et même d’accepter. Par ailleurs les Saoudiens se méfient des visées d’Erdogan de reconstitution d’un axe ottoman qui rivaliserait avec leur propre rôle dans la région tandis que les Israéliens se préoccupent du rôle d’Ankara en Syrie.
Simultanément, les puissances extérieures à la zone, y compris la Chine et la Russie malgré les revers subis en Syrie et l’affaiblissement de l’Iran, restent des puissances d’influence et entendent y réaffirmer leur rôle.
Enfin, la communauté internationale, y compris le Sud global malgré ses divisions, n’entend pas être écartée de la région comme en témoignent les répercussions mondialisées de la guerre de Gaza. Pour des raisons tant politiques qu’économiques, la communauté internationale n’entend pas ignorer la reconstruction d’une région largement sinistrée et la mise en place d’un nouvel ordre régional. Le rôle économique et financier que jouent les économies du Golfe et l’importance de leurs investissements, y compris en dehors de la région, joue à cet égard un rôle important.
L’ensemble de ces problématiques, sans oublier les intérêts de la France et de l’Union européenne au Moyen-Orient, sera abordé lors ce colloque à l’occasion de la journée qui y sera consacrée.
